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jeudi 26 juin 2014

S...

comme SAVONNIER...
et expatrié. François-Joseph Hum, frère aîné de mon arrière-arrière-grand-père, né en 1817, à Orschwiller a émigré dans les années 1840 comme beaucoup d'alsaciens en Algérie. Il se marie en 1850 à Médéa avec Elisabeth Rémond née à Paris avec qui il aura 4 enfants tous nés à Médéa. Il décèdera à l'âge de 61 ans en 1878 à Mustapha. Dans les actes de mariages, de naissances et de décès que j'ai pu retrouver, il est qualifié de propriétaire savonnier.
L'émigrant alsacien qui quitte son Alsace natale laisse sa maison ou sa ferme. Il réalise tout son avoir, vend tout ses biens pour financer son départ, son voyage et l'implantation en Algérie. Il pait ses dettes et demande son passeport.
S'ensuit un voyage de 3 semaines en diligence, en chaland jusqu'à Chalon-sur Saône, ou par le train, voire même à pied. Puis le bateau à vapeur jusqu'à Arles, et ensuite le chemin de fer jusqu'à Marseille ou Toulon les ports d'embarquement. Une traversée de 4 jours dans des bateaux souvent peu confortables. D'Alger ou d'Oran les colons concessionnaires se rendent ensuite sur le lot qui leur a été attribué. Une fois arrivé, le colon s'engage à construire une maison d'habitation sur son lot.


La traversée

Au XIXe se développe la production de savon à base d'huile d'olive notamment le célèbre savon de Marseille. La production française n'est pas assez importante et on importante cette huile de plusieurs pays dont l'Algérie. Il y avait donc un marché de la savonnerie qui se développait dans ce pays.
Dans les années 1845,  Médéa connu une ère de prospérité, les tribus étaient riches, la citadelle s'avéra trop étroite et les constructions s'érigèrent aux alentours. Les premiers Français installés à Médéa furent pour la plupart des anciens militaires gagnés par le charme du pays auxquels vinrent se joindre quelques déportés politiques après le coup d'état de 1852. On compte à ce moment là à Médéa un très grand nombre d'étrangers espagnols et italiens principalement. La culture viticole se met en place mais aussi celle des oliviers.

Médéa dans les années 1850

La fabrication du savon est assez simple : la transformation de graisses solides ou liquides par de la soude caustique. Ce processus, appelé saponification, est déjà connu par les chimistes du siècle des Lumières.
Plusieurs ouvriers travaillent dans une savonnerie, chacun assigné à une tâche particulière. L’ouvrier le plus important est bien entendu le maître savonnier, appelé également maître-valet. Chimiste sans le savoir, il sait reconnaître une bonne lessive, maîtrise à la perfection le dosage eau/soude/huile pour l’obtention du meilleur savon et décèle la fin de la saponification.
Le piqueur, quant à lui, prépare la poudre de la lessive : il casse la chaux et les matières salines pour les mêler et les réduire en poudre, à l’aide de masses grosses et plates. D’autres ouvriers ont en charge la surveillance des foyers, le mélange des huiles et de la lessive ou encore la découpe du savon en cube



Je n'ai pas d'indications sur le parcours de François-Joseph .Il me faudrait consulter les archives des ANOM à Aix en Provence afin de remonter ce dernier. La fabrication devait être similaire à celle qui se faisait à Marseille. Néanmoins François-Joseph ne faisait pas partie d'une famille de savonniers, nos ascendants étaient vignerons depuis plusieurs générations. Je suppose qu'en recevant sa concession, quelques oliviers furent plantés ou étaient déjà là ; ce qui lui permis de pouvoir en faire vivre sa famille. A son mariage en 1850 il est négociant, peut être déjà dans l'oléiculture. Son frère cadet Maurice le rejoindra plus tard et décédera avant lui en 1868 à Médéa. Ce dernier a aussi fondé un foyer en Algérie.

1 commentaire:

  1. Très intéressant, je ne connaissais pas ce métier, du moins le nom que l'on donnait à ceux qui faisaient du savon, mes ancêtres étant plutôt dans le travail affilié à la terre.

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