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samedi 30 novembre 2019

Z comme ZANZI

Le Zanzi (diminutif de "Zanzibar") se joue à deux joueurs ou plus et est l'un des plus vieux jeux de dés. Il se joue avec 3 dés, le but étant d'obtenir le plus grand score en réalisant des "Zanzis". Ce mot "Zanzi" sert à désigner les six tirages les meilleurs : trois dés identiques (c'est-à-dire des brelans). Les Zanzis se classent dans l'ordre suivant : trois as, trois 6, trois 5, trois 4, trois 3, trois 2. On peut y jouer selon trois variantes différentes.
Au XIXe siècle, certains éditeurs ont voulu combiner le jeu de zanzi et le jeu de loto. Le LOTO-ZANZIBAR fera l'objet d'un dépôt vers 1900 et sa production sera poursuivie par l'éditeur J.J.F. La maison NK Atlas quant à elle en éditera une réplique sous le nom de ZANZIBAR-LOTO.
Le Zanzi est à l'origine d'autres jeux comportant trois dés. La Bezette qui se joue avec un accessoire : une baguette verticale qui sert pour la décharge et sur laquelle on enfile les anneaux, au fur et à mesure qu'ils sortent du jeu. La Belote aux dés qui est une modification récente apportée au Zanzi. Ou bien le 421 qui est un Zanzi dont on a arbitrairement compliqué les règles.


vendredi 29 novembre 2019

Y comme YO-YO


Ce jeu est déjà connu sous sa forme actuelle chez les Égyptiens et les Grecs ainsi qu'en Gaule. Il est considéré comme l'un des plus vieux jeux avec la toupie.
Il est ensuite "oublié" pendant plusieurs siècles avant de réapparaître sous le nom d'émigrette pendant la révolution française (E comme Emigrette du challenge). Mais son engouement sera de courte durée et il faudra attendre le début du XXe siècle pour qu'il redevienne à la mode. 
Ayant traversé l'Atlantique par brevet interposé en 1866, le philippin Pedro Flores le remet au goût du jour dans les années vingt en commercialisant le Filipino yo-yo fabriqué aux Philippines, pays où les artisans ont acquis un véritable savoir-faire dans la fabrication des yo-yos.
Très en vogue dans les années trente et après la seconde-guerre mondiale, le nom yo-yo est déposé en 1930 par l'Américain Donald Duncan qui avait racheté l'entreprise Flores et qui va le commercialiser à grande échelle et créer les premieres compétitions de yo-yo.


X comme XVIe

Voici une des sources qui m'a "inspirée" pour le challenge de cette année.
Au XVIe siècle, les jeux et les jouets fabriqués pour les enfants étaient rares. Seuls les enfants de la noblesse en possédaient.
De même les tableaux sur la vie quotidienne des paysans étaient rares, et les tableaux sur le monde de l'enfance l'étaient encore plus. Pietr Bruegel l'Ancien peintre flamand, était un artiste qui s'attachait à représenter des scènes rurales en multipliant les personnages.
En 1560 il peint "Les jeux d'enfants" une huile sur toile. La scène se passe sur la place d'un village de Flandre et représente plus de 200 enfants en train de jouer. Ils jouent avec des bouts de bois, des os, des cerceaux et des tonneaux. La plupart de ces jeux se jouent à plusieurs sans objets particuliers. On a identifié et compté environ 90 jeux différents dont certains sont encore joués dans les cours d'école : saute-mouton, cerceaux, ballon, galipettes, quilles, échasses, osselets, colin-maillard, acrobaties, jeux d’adresse ou jeux de rôles… ! A vous de les retrouver...

Pietr Bruegel - Les jeux d'enfants - 1560 - Kunsthistorisches Museum - Vienne

jeudi 28 novembre 2019

W comme WATILLIAUX et les AUTRES

En 1874, Charles Auguste Watilliaux reprend la maison Coqueret fabricant de jeux en cartonnage qui lui même l'avait repris à la maison Amonier Fils dans les années 1840. Il commercialise des jeux de société et des jeux scientifiques comme le Petit Chimiste et le jeu de la Lepidochromie où l'art de décalquer les papillons... En 1885 il rachète l'éditeur Lion fabricant de jeux de société en tabletterie et cartonnages. Il devient alors l'un des éditeurs français de jeux de société jusqu'en 1908, date à laquelle la société est rachetée par la maison Revenaz et Tabernat. Cette entreprise créée en 1904 fabrique alors toutes sortes de jeux de salon. En 1913 elle devient les jeux réunis JLR et perdure jusqu'en 1946.
Les éditeurs de jeux de société sont nombreux et en pleine expansion au XIXe siècle. Chacun édite ses propres jeux et son propre catalogue annuel et la concurrence est rude. Ils sont alors obligés de se regrouper comme les fabricants Mauclair Dacier, Simonin Cuny, Wogue et Lévy et Paul Perret qui forment alors la société JJF Jeux Jouets Français de 1904 à 1931.
Outre les jeux traditionnels, lotos, jeux de l'oie, nain jaune ou coffrets de jeux réunis, assortis du matériel du parfait joueur, certains jeux font preuve d'originalité tel le jeu de carte de Duru intitulé "les fleurs" jeu qui dévoile l'avenir en fonction de la fleur que l'on tire dans un jeu de 31 cartes, l'oracle se lisant dans un petit livret... 

Catalogue Watilliaux 1903

mercredi 27 novembre 2019

V comme VOLANT

Le jeu du volant est originaire de Chine, où l'on se lançait alors avec le pied un objet arrondi en cuir, rempli de crins ou de cheveux et lesté de plumes de poulet.
Le jeu du volant fait son apparition à la cour de François Ier et remplace progressivement le jeu de paume. Le volant est alors connu sous le nom de "coquantin" (en référence aux deux longues plumes de coq dont on se sert pour garnir le volant), il est alors très prisé dans les cours européennes.
Au XVIIIe siècle les premières règles du jeu font leur apparition. On installe deux cordes, le volant ne devant pas passer entre. On joue au volant en équipe, à l'extérieur mais aussi à l'intérieur dans les salles de jeu de paume où le volant ne doit pas toucher les murs. Les raquettes sont alors formées de petits cerceaux de bois courbés en ovale, les extrémités en constituent le manche et sont réunies par des lanières de peau. L'intérieur de la raquette étant garni de petites mailles de cordes de boyau tendues. On y adjoint alors une balle, demi-sphère en liège pourvue de plumes qui y sont attachées par des lanières de cuir. La pratique féminine du jeu de volant, qui préfigure le badminton, remonte au moins à cette époque où des peintres ont témoigné de cette activité chez les jeunes filles de familles aisées.
Bien avant le volant de François Ier, l'un des ancêtres du badminton le "battledore and shuttlecock" est pratiqué dès le Moyen Age en Angleterre : l'objectif étant de maintenir en l'air un shuttlecock (volant) à l'aide d'une battledore (raquette ou palette). 
La version qui se rapproche le plus du jeu que nous connaissons de nos jours date des années 1870, époque à laquelle quelques officiers anglais de retour des Indes voulurent jouer à un jeu de raquette indien nommé le "poona". Ils utilisèrent à la place de la balle un bouchon de liège auquel ils attachèrent des plumes d'oiseau. Le badminton était né.

Marie-Madeleine Nohan- Jeux - BNF Gallica

lundi 25 novembre 2019

U comme UN DEUX TROIS SOLEIL

Dans ce jeu de cour de récréation, les joueurs doivent toucher le mur et dire : « Soleil ! », sans que le meneur ne les voie bouger : un joueur se place debout face à un mur, c'est le meneur du jeu. Les autres joueurs se placent à environ 20 m de lui. Le joueur face au mur tape trois fois en criant « 1, 2, 3 » et lorsqu'il dit « Soleil ! » il se retourne. Pendant le temps où il ne regarde pas, les autres joueurs avancent et doivent s'immobiliser lorsqu'il se retourne. Si l'un d'entre eux bouge, il doit retourner au point de départ appelé « poulailler ». Ceci recommence plusieurs fois, jusqu'à ce qu'un des joueurs parvienne à toucher le mur. Dans ce cas, ce dernier prend la place du meneur, et le jeu peut recommencer.
Si le jeu existe dans différents pays mais sous d'autres appellations, il semblerait que ce jeu soit typiquement un jeu de cour et donc relativement récent c'est-à-dire daté de la fin du XIXe siècle.


T comme TOTON

Le toton (aussi nommé pirouette ou pille) est avant tout une toupie très souvent en bois dont le corps est constitué d'un cube traversé par un axe et dont une des extrémités est pointue. Cette pointe permet de faire tourner le toton sur lui-même comme une simple toupie. Le principe du jeu est de lancer le toton qui va alors tourner au-dessus d'un tableau de nombres avec l'espoir qu'il s'arrête sur le numéro parié. Si le toton est marqué sur ses faces comme un dé, il indique un nombre, une lettre ou un gage à l'arrêt. A l'origine, le toton ne comptait que quatre faces portant une lettre : A pour "accipe" reçois ; D pour "da" donne ; P pour "pone" pose et T pour "totum" tout, prend toutes les mises. Au XVIIIe, en France on trouvait les lettres A, D, R, T pour le joueur reçoit un jeton, donne un jeton, ne donne ni de reçoit rien, prend tout.

Toton en buis

Ce jeu est resté célèbre, notamment en raison du portrait peint par Chardin "L'enfant au toton". Le peintre avait alors choisi de demander à son modèle de jouer à ce jeu afin de rester calme le temps du portait.

L'enfant au tonton - J.S. Chardin - 1738