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lundi 4 août 2014

T...

comme TANNEUR
Me voila à nouveau en Suisse avec une autre branche de cet arbre qui me permet de changer de frontière en quelques instants.
Urs Glutz de Blotzheim est né au début du XVIIe siècle à Soleure dans la partie alémanique de la confédération de Suisse. Il est issu d'une lignée de tanneurs par sa branche paternelle mais aussi par sa branche maternelle. Il est entre autre grand bailli de Thierstein et siège au conseil souverain de Soleure. Dans la seconde moitié du XVIIe, il se mis au service de la France et est anobli par Louis XIV qui l'autorise à inscrire ses armes dans l'Armorial de France ainsi que celles de son épouse. C'est dans la commune de Blotzheim dont il avait acquis la terre an 1680, qu'il décède en 1697 et est inhumé dans l'église filiale. Sa stèle est encore visible.

Stèle de Urs Glutz châtelain de Blotzheim

Mais avant cette ascension sociale, les Glutz furent de simples tanneurs qui ont vu leur activité prospérer de génération en génération. Les alliances qui se sont constituées avec les autres familles de Soleure et alentours leur ont permis d'acquérir fortune et position sociale.
 
 
 
 
 
Les corporations de tanneurs étaient puissantes et munies de statuts. Les artisans d'une même ville s'unissaient en associations que l'on appela corporations. A la tête de la corporation se trouvaient un  prévôt ou des  jurés. Il y avait ainsi une corporation des merciers, des boulangers, des bouchers, des forgerons, des tanneurs, des charpentiers, etc. Personne ne pouvait exercer librement un métier s'il n'appartenait pas à la corporation des gens de ce métier, l'entrée était obligatoire. Mais l'on n'était admis dans la corporation et promu au rang de maître qu'après avoir passé un examen et fait un chef d'oeuvre qui prouvait les capacités professionnelles. Cette mesure avait pour résultat d'éloigner du marché toute marchandise de qualité inférieure et de protéger les membres de la corporation contre une trop grande concurrence.
 
 
 
 
 
Malgré ses mauvais côtés, le système corporatif a rendu de grands services. Il a puissamment aidé au développement de l'industrie et accru l'influence de l'artisan dans la société.
On devenait tanneur après une période d'apprentissage chez un maître tanneur.  Pour entrer en apprentissage, les jeunes doivent verser une somme à la boite de la communauté. Les fils et les gendres des maîtres ne paient pas de taxe d'apprentissage.  A l'entrée chez la maître, le compagnon doit fournir un certificat d'apprentissage, il doit avoir travaillé 5 ans chez un tanneur pour pouvoir exercer ce métier. Les maîtres tanneurs ne prennent qu'un seul apprenti à la fois., sauf exception pour le fils du maître. L'apprenti devient compagnon à l'issue de sa durée d'apprentissage chez le maître. Cet apprentissage est régi par un code qui précise que pour exercer ce métier, il faut être maître-tanneur et donc avoir réalisé un chef d'œuvre, façonner et tanner une peau de bœuf, une de vache, une de veau et une de mouton. On image les frais engagés par l'apprenti pour l'achat des peaux, ainsi que le temps passé à la réalisation du tannage.
 
 


L’architecture de la maison du tanneur est adaptée au métier de son occupant. Les lucarnes-galeries du toit permettaient de sécher les peaux dans le grenier. Ces maisons présentaient aussi de grandes galeries, de même destination.
 
 


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