Pages

samedi 9 août 2014

OPTANTS : ENTRE FRANCE ET ALLEMAGNE

L'article de Benoit Villecourt (http://voyager-avec-mes-ancetres.blogspot.fr/2014/06/o-comme-les-optants-dalsace-moselle.html) reprend clairement ce que le traité de Francfort  de 1871, signé à l'issue de la guerre  franco-allemande, imposa aux Alsaciens-Lorrains : l'obligation d'opter pour leur nationalité.
On pense immédiatement à ces milliers de personnes qui choisirent la nationalité française et durent émigrer ou plutôt s'exiler parfois très loin de leurs régions notamment dans les colonies.
Les Alsaciens-Lorrains domiciliés dans les territoires cédés à l'Allemagne n'avaient aucune déclaration à faire auprès des autorités françaises pour perdre leur nationalité française. Beaucoup sont restés, ne voulant pas quitter un village où leur famille étaient établie depuis très longtemps, une famille, une maison, leurs biens... Le déracinement étant plus douloureux que la perte de leur nationalité. De même les Alsaciens-Lorrains qui n'avaient pas opté dans les délais fixés par la loi ont été "déchus" de la nationalité française et sont devenus, conformément aux dispositions de ce traité "de nationalité allemande".
Selon le site CODAM (http://www.optants.fr/) 539.6655 personnes firent une déclaration (dans et hors territoires occupés), mais seulement 49.926 partirent effectivement.
Le statut d'optant avait aussi de lourdes conséquences financières : séquestration des biens mobiliers et immobiliers, conversion des liquidités devenues allemandes en liquidités françaises à un taux désavantageux, interdiction ou difficulté de circuler sur le territoire allemand... Certains ont  renoncé au statut d'optant pour simplement émigrer sous la nationalité allemande quelques années plus tard.
Ce fut le cas d'une partie de ma famille paternelle. Mes arrières-grands-parents émigrèrent en 1902 et acquirent la nationalité française pour eux-mêmes et leurs quatre enfants ; émigration tardive dont nous n'avons eu connaissance que dans les années 1990 à l'heure de la nouvelle carte d'identité où l'administration s'aperçut que mon père et ses frères et sœurs n'étaient pas français : mon grand-père était toujours allemand ! Branle-bas de combat dans les archives familiales afin de retrouver un document de cette époque prouvant ce changement : un acte du juge de paix de Saint-Dié de 1902.
 

 
Mais reste le cas des Alsaciens-Lorrains qui optèrent pour la nationalité allemande, plus difficiles à cerner car les états d'optants pour la nationalité allemande n'ont pas été publiés. Leur nombre est estimé à environ 3.000 personnes. Il est à noter que les personnes ayant opté pour la nationalité française et qui sont restés dans les territoires annexés, ont vu leur option annulée soit 110.952 personnes (source CODAM).
Quant à ceux qui ne résidaient pas dans les territoires occupés, c'étaient principalement des détenus, bagnards ou militaires. Les détenus étaient remis aux autorités allemandes, les militaires sous les drapeaux eux étaient libérés du service français. Seules trois femmes y sont répertoriées : une détenue, une enfermée en asile d'aliénés et une sans profession.
Un étude en a été faite en 1995 et un répertoire alphabétique de 2758 personnes a été établi aux archives nationales. Voici le lien direct :  (http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/sm/BB31%20508-510%20et%20531.pdf).
D'un point de vue démographique, déterminer exactement le nombre d'optants s'avère complexe. Il existe trop de cas de figures pour réussir à les relever tous (déclarations contraires, recensement des alsaciens vivants hors des territoires occupés, couples séparés...) et permettre un calcul significatif.
Si l'Alsace-Lorraine a perdu près de 50.000 habitants, en 1875 40.000 allemands environ avaient déjà immigré en Alsace suite à la volonté de germanisation de la région par le gouvernement allemand. Les rapports entre les nouveaux arrivants et les Alsaciens de souche furent souvent antipathiques  surtout dans les grandes villes où s'installèrent majoritairement ces nouveaux immigrés.


2 commentaires:

  1. Bonjour Marie-Noëlle,

    Puis-je avoir votre adresse mail afin de vous envoyer le questionnaire pour le portrait du challenge ? Merci.

    Cordialement,
    Sophie Boudarel

    RépondreSupprimer
  2. Merci d'avoir cité mon article et bravo pour cette étude poussée.
    Bonne continuation

    RépondreSupprimer