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samedi 6 septembre 2014

QUATRE CARTES D'IDENTITE....

A la fin de la première guerre mondiale et avec le retour de l'Alsace-Lorraine au sein de la France, l'administration française décida de classer la population alsacienne en quatre catégories, chacune ayant une carte d'identité distinctive.
L'idée d'une classification de la population d'Alsace-Lorraine avait été proposée par l'abbé Wetterlé à la conférence d'Alsace et de Lorraine qui prescrit dès les 19 et 26 avril 1915 de subdiviser la population en 4 catégories : A - B - C - D. Dès l'entrée des troupes françaises, les mairies furent averties de l'obligation d'établir des cartes d'identité qui allaient servir en même temps de pièces de légitimation. 
La carte A fut délivrée d'office aux alsaciens et lorrains qui avaient la nationalité française avant 1870 ou à ceux dont les parents et grands-parents avaient été dans ce cas. Ils furent réintégrés de plein droit.
La carte B concernait ceux dont l'un des deux parents était de descendance étrangère, essentiellement des couples allemands-alsaciens ou allemands-lorrains.
La carte C fut délivrée à ceux dont les deux parents étaient nés dans un pays allié ou neutre pendant le conflit.
La carte D pour les étrangers originaires des pays ennemis (allemands, autrichiens, hongrois...) et leurs enfants même si ils étaient nés en Alsace-Lorraine (43.500 cartes sont délivrées en 1919). Les titulaires de cette carte durent quitter le pays de gré ou de force (de 1918 à 1920 100.000 allemands partirent dont 14.000 fonctionnaires).
 
 
Cette nouvelle gestion créa des situations inextricables et obligea de nombreuses personnes à effectuer des démarches fastidieuses afin de pouvoir réintégrer la nationalité française. Par exemple, les détenteurs de la carte D devaient solliciter un permis de circulation afin d'exercer leur activité professionnelle en Alsace-Lorraine. 
Le 27 octobre 1919, Alexandre Millerand  alors commissaire général de la république à Strasbourg, chargé de réorganiser les trois anciens départements d'Alsace-Lorraine, fit parvenir aux présidents des commissions de triage la circulaire suivante "...La ratification du Traité de Paix offre pour les Alsaciens et Lorrains réintégrés dans la nationalité française un régime nouveau qui ne comporte plus le maintien des mesures en vue desquelles les Commissions de triage et de Classement au second degré avaient été instituées. La mission qui vous avait été confiée ainsi qu'aux membres devra être considérée comme terminée...".

1 commentaire:

  1. Merci pour cet article qui nous apprend un peu plus sur cette époque troublée.

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