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jeudi 4 juin 2015

D... comme Deuil

Le deuil, qui est une marque extérieure de la douleur (du bas latin "dolus" douleur),  comporte des règles qui doivent être très sévèrement observées et qui sont inspirées par la pensée de témoigner ostensiblement de l'affliction.
L'inhumation du mort ne marque pas, pour les vivants, un retour immédiat à la vie normale. Les proches du défunt sont astreints au respect du deuil caractérisé par une étape intermédiaire plus ou moins longue, gouvernée par différentes obligations.
Elles sont de deux grands types : d’une part, on s'abstient de tous plaisirs, de toutes distractions pendant une période donnée ; de l’autre, le port d’une tenue spéciale ou de couleurs particulières qui ont une fonction d'information : rendre public le deuil auprès des personnes qui l’ignoreraient.
Le noir n’a pas toujours été la couleur du deuil : c’est le rouge qui était utilisé en Anjou, le bleu gris en Savoie et, pour les hommes, le port de la barbe et des cheveux longs dans le Poitou ainsi qu’en Corse. A l’inverse, les femmes coupaient ou cachaient leurs cheveux durant la période de deuil dans différentes régions et portaient des coiffes de deuil notamment dans l’ouest.
Pour le premier anniversaire de la mort d’un membre d’une famille, celle-ci organisait une cérémonie dite de « bout de l’an », qui prend encore aujourd’hui la forme d’une messe et qui marque la fin du deuil, c’est-à-dire la réintégration des proches du mort dans la société normale des vivants.
Le deuil des petites gens sera bien entendu très différent de celui de la bourgeoisie et de la noblesse : la nécessité de s'occuper des enfants laissés orphelins de père ou de mère, le travail des champs et la survie au quotidien impliqueront souvent des remariages rapides.



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