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mardi 16 juin 2015

N... comme Noces villageoises

Les noces, rite de passage familial, constituaient la plus grande des réjouissances villageoises. Le baptême célébré le lendemain de la naissance ne pouvait offrir l'occasion de pareille célébration, quant aux funérailles elles semblent très souvent avoir eu lieu sans grand concours familial ou populaire. Les fiançailles quant à elles avaient été ramenées à la veille du mariage par l’Église.
Les noces sont souvent célébrées le lundi ou le mardi : les dimanches et jours de fête sont exclus, le vendredi est jour de jeûne, le jeudi et le samedi sont aussi évités car les festivités se prolongent souvent le lendemain pendant des jours interdits.
Il est proscrit de se marier pendant les périodes de pénitence du Carême mais aussi durant le mois de mai "noces de mai, noces mortelles" - "mariages de mai ne fleurissent jamais".
En milieu rural on ne se mariait pas pendant les mois d'été, les gros travaux de la fenaison et de la moisson ne permettaient pas de laisser du temps aux préparatifs et aux festivités. Les mariages à la campagne avaient souvent lieu en janvier et février (entre les Rois et Carême) et en novembre (après les derniers travaux des champs et le temps de l'Avent)
La toilette de la mariée consistait en une belle robe de couleur vive, souvent rouge ou bleue, recouverte d'un tablier (la couleur blanche n'apparaitra qu'à la fin du XIXe). La robe n'était pas cousue par la promise sous peine d'un malheur certain.
Le cortège nuptial se rendait à la cérémonie à pied, emmené par la mariée au bras de son père, de son parrain ou du garçon d'honneur.
Suivait ensuite le repas de noces ou banquet pour les plus fortunés. C'était souvent l'unique occasion de festoyer en dehors des quelques fêtes patronales.
Selon les régions, des rites "païens" précédaient ou accompagnaient le sacrement : plaisanteries, offrandes, concerts... Dans le bordelais, les noces s'accompagnaient de la mise en perce d'un tonneau de vin de l'année dont la fermentation était terminée.
Ces festivités étaient elles aussi comme beaucoup d'autres, redoutées et dénoncées par les autorités religieuses.

La kermesse ou noce de village - Pierre Paul Rubens vers 1635



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