W : les SOEURS WEINGAND et la MORGENGAB

Simon Weingand  épouse Anna Schutzmarer le 28 septembre 1672 dans la commune d'Ammerschwihr. De cette union huit enfants verront le jour dont sept filles qui arriveront tous à l'âge adulte et se marieront.
Simon est bourgeois d'Ammerschwihr, membre du tribunal de la commune et fait partie de la confrérie St-Etienne, la  Herrenstubengesellschaft. La «société des messieurs» compte vingt membres tous issus de la classe des notables d’Ammerschwihr : stettmeister, conseillers, religieux et prévôts auxquels s’ajouteront plus tard des avocats au conseil souverain d’Alsace. Cette société regroupait en son sein la classe dirigeante de la cité.
Lors de leur contrat de mariage, chaque fille de Simon sera correctement dotée mais sera aussi bénéficiaire de la morgengab littéralement "don du matin". A cette époque c'est le présent que le mari offre d'ordinaire le lendemain des noces à sa femme pour ses menus-plaisirs, ce présent pouvant consister en argent ou en valeur. Il sera toujours effectué même si l'épouse est veuve mais cette dernière ne fera jamais de présent au mari. Si la morgengab n'est pas inscrite dans le contrat de mariage, le mari ne sera pas tenu de la faire après les noces. La morgengab ne pourra revenir ni au mari ni à ses héritiers, même si le mariage est déclaré nul ou s'il est dissous par la faute de la femme.
Anna l'aînée, épouse en première noce en 1699 Johannes Kurtz, puis veuve se remarie avec Johannes Girardin en 1713. Lors du premier mariage la morgenbab sera versée en nature. Pour le second, elle recevra un demi arpent de vignes ou 300 thalers.
En 1706 Maria Magdalena épouse Joseph Schmitt, veuve elle se remarie en 1712 à Ignatuis Thiebold. Si pour sa première union sa morgengab était aussi en nature comme pour Anna, lors du second elle recevra de son futur époux 100 florins et un habit nuptial à 40 florins, le futur adoptant aussi l'enfant du premier lit de la future.
En 1715 c'est au tour d'Elisabeth d'épouser Hans Georg Kauffman qui lui versera sa morgengab en nature. Ce sera la même chose pour Anna Catharina lors de son mariage avec Johannes Kohler en 1718 et pour Ursula qui épouse Clausz Kauffman en 1720. En 1719 Christina recevra de son futur époux Mathebes Kauffman 150 florins valeur de Colmar.
Johannes le seul fils offrira à sa future épouse Magdalena Mittelberger en 1712 un don  du matin en nature.

Gravure de Matthaeus Mérian
Entrée de la vallée de Kaysersberg vers 1644
au premier plan Kintzheim, à gauche Ammerschwihr, à droite Kaysersberg


Commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout ! Merci pour ces informations sur cette particularité alsacienne.

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  2. Oui c'est très intéressant. Comme je n'ai pas eu accès aux contrats de mariages de les ancêtres alsaciens, il serait judicieux d'aller faire un tour aux Archives un de ces jours.

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