G comme Geôle du Petit Châtelet

Le protagoniste de ce billet est à nouveau François GOUSSAULT et celui-ci est peut-être le père de Magdeleine. J’en ai déduit peut-être à tort que si Magdeleine et sa mère s’étaient installées à Toulouse et avaient donné si peu de renseignements sur cet homme, c’est que quelque chose s'était produit. 
J’ai relié tous les François GOUSSAULT que j’ai trouvé dans la famille entre 1670 et 1730, excepté un. Le père de Magdelaine est marchand mercier comme tous les hommes de la famille, au moins jusqu’en 1690. Celui de l'article est greffier de la geôle du Petit Châtelet probablement depuis les années 1708 et ce jusqu’en 1716. 
Le greffe d’une geôle est avant tout un office et François GOUSSAULT a donc du acheter sa place en payant une certaine somme au roi. La valeur de cet office aurait pu nous indiquer s’il était soit rentable, soit prestigieux et si François GOUSSAULT avait certains moyens financiers. La rentabilité et le prestige du Petit Chatelet ne sont pas vraiment au rendez-vous car dans la hiérarchie des offices, le greffe d’une prison ne se situait pas particulièrement haut ! Le greffier se remboursant avec les tarifs qu’on lui permettait de réclamer aux détenus (location d’une chambre, commodités, droit d’écrou…) une prison pleine avec des détenus riches était préférable. Or le Petit Chatelet est une prison qui ne reçoit pas autant de détenus que les autres et qui renferme beaucoup de mendiants. Devant de tels désavantages, la tentation de la corruption fut grande. Louis Claude FREMIN à la fois prédécesseur et successeur de François GOUSSAULT est suspendu puis perd son poste à la suite de plaintes de détenus et de créanciers. Le greffier suivant Philippe PEZE de MORANVILLIER finira prisonnier à la Conciergerie pour des raisons similaires.
Et de François GOUSSAULT qu'advint-il  ?


« Vue du Petit Châtelet » -  dessin de Jean-Baptiste-François Génillion (XVIIIe siècle) - Gallica/BnF

Source : Sophie Abdela "La prison parisienne au XVIIIe siècle" - Champ Vallon -

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