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lundi 5 janvier 2015

LE GENOSOCIOGRAMME OU L'ARBRE SYSTEMIQUE

La psychogénéalogie a vu le jour il y a une quarantaine d'années. C'est Anne Ancelin Schützenberger qui l'a fait connaître au "grand" public avec son ouvrage au titre évocateur "Aïe mes aïeux".
"Le génosociogramme n'est pas un arbre généalogique situant la parentèle. Ce qui est important, c'est la façon dont l'auteur de cet arbre "fantasmatique" perçoit les personnages et les liens qui les unissent et qui le lient à ses ascendants et collatéraux et à leurs rôles. Ce sont même parfois les blancs, les trous de mémoire de la famille qui en disent long (comme les silences sur le divan) en ce qui a été "rayé" de la mémoire familiale."
Extrait de: "Aïe mes aïeux", Anne Ancelin Schutzenberger

Frida Kahlo - "Mes grands-parents, mes parents et moi"


Mais c'est aussi...

UN ARBRE A PAROLES

La notion d'arbre généalogique est d'origine ancienne : étymologiquement le terme de génogramme vient du grec genos : naissance, origine, et gramma : écriture, c'est donc l'écriture de l'origine.
Son utilisation se retrouve dans le champ des sciences médicales avec la génétique, de l'histoire, de l'anthropologie et de la psychologie.
C'est avec ce dernier aspect, la psychologie, que s'est développée dans les années 70 la notion de transmission transgénérationnelle qui étudie la dynamique du système familial dans sa dimension relationnelle, fonctionnelle et historique.
Le génogramme devient le génosociogramme quand il inclut la sociométrie (l'étude des relations interpersonnelles d'un groupe). C'est la représentation graphique codifiée de l’arbre généalogique qui met en avant une vision du groupe familial dans son ensemble. Son but est d'effectuer un état des lieux de l'inconscient familial, mais aussi de situer les dysfonctionnements dans les relations familiales.

UN ARBRE FANTASMATIQUE

On peut dire que tout arbre généalogique est fantasmatique car il éveille en nous au cours de nos recherches des hypothèses et des suppositions diverses.
On sait qu'il est sûr qu'un certain nombre d'enfants ne sont pas les enfants génétiques de ceux qui les ont déclaré ou baptisé. Pourtant les événements qui ont eu lieu entre ces personnes constituent l'essence de ce qui nous a été transmis, que ces individus nous soient connus ou pas. Notre arbre généalogique au delà des noms et des informations qui y sont inscrits, devient le reflet socio-généalogique de notre famille.

UN ARBRE DE VIE

Les arbres de vie gravés, peints, brodés, imprimés ou sculptés existent depuis le début de l'Histoire, c'est pourquoi ils sont la représentation idéale en généalogie. Le double parfait de cette dernière se rencontre dans le monde du symbole avec le génogramme.
Celui qui est interrogé en psycho-généalogie relie les problématiques du passé et le rapport du patient à ce par quoi il se construit, ce qu'il transmet à ses descendants. Le dessin de cet arbre est subjectif et le but de la psycho-généalogie est d'innerver l'arbre.

DANS LA PRATIQUE
Le génogramme  est la représentation graphique  de la famille et rassemble sur un même schéma ses membres, les liens qui les unissent et diverses informations médicales ou psychosociales.
Cette sorte d'arbre généalogique est fait de mémoire dans un premier temps puis complété ensuite par les événements de vie importants du patient. Il est à la base de toute démarche en psychogénéalogie et vise à exploiter le sens des liens entre les générations qu'ils soient connus ou pas.
On travaille le plus souvent sur quatre ou cinq générations. Chaque individu est représenté par un symbole prédéfini (un carré ou un triangle pour les hommes, un cercle pour les femmes, l'individu qui établit son génosociogramme  voit son symbole encadré par un carré), on inscrit les liens entre les personnages en utilisant des couleurs et des symboles.
Une fois l'arbre tracé,  apparaissent les répétitions ou correspondances sur les prénoms, la position dans la fratrie, les alliances et les ruptures, les métiers, les situations relationnelles, les maladies, les accidents, les non-dits, les deuils non résolus, les mythes familiaux, les syndromes d'anniversaire...
Néanmoins tout n'est pas dans cet arbre, et si certains aspects de notre vie nous semble être sous l'influence de notre héritage familial, il faudra surement se rappeler que notre propre histoire, notre personnalité, nos choix ont un rôle déterminant et non négligeable dans notre vie.



Exemple de génosociogramme

2 commentaires:

  1. Bel article, je commence justement à me repencher sur la psychogénéalogie, que j'avais abordé il y a une dizaine d'années avec le livre de Anne Ancelin Schûtzenberger.

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  2. Merci, je me passionne aussi pour cet aspect de notre histoire.

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